Dbloc notes

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ghost page pour montage photo Bashung + concert la ROchelle

 

 

extraits vidéos juste pour le plaisir de voir l'élégance du mec

 

 

 

 

 
Découvrez Bashung!

 
 
un article du TEMPS, le quotidien Helvète comme aurait dit notre Christine Ockrent, la plus française des présentatrices d'Outre Quiévrain...
Merci Baby Groove

Rocco Zacheo

Lundi 28 juillet 2008

Rubrique: Culture  

  

 Il est arrivé avec le déluge, s'est assis sur le tabouret avec son harmonica entre les doigts et a saisi le public à la gorge. Une heure et des poussières plus tard, tout était dit. Mais que de choses à faire: il fallait, en partant, serrer les mâchoires et déglutir sans cesse, étaler les subterfuges pour retenir l'émotion que procure son départ. Lorsque sa silhouette élégante quitte la scène du Chapiteau, le ciel décide enfin d'en finir avec ses tonnerres et ses larmes.

 

A Nyon, Alain Bashung a été comme partout ailleurs ces derniers mois: dans un état de grâce dont la 33e édition de Paléo portera les marques très longtemps. Alors que les châteaux en tubulaire sont démontés et que les stands abandonnent la plaine de l'Asse, la question du bilan artistique de la manifestation ne pourrait faire une once d'économie de son concert de samedi soir.

 

L'homme aux lunettes fumées, au costard et chapeau noirs et à la chemise blanche aurait pu décider de ne pas chanter, de se tenir coin sur la scène, sa présence magnétique est de celles qui imposent le silence religieux. Alors, quand les premières salves de musique se font entendre, l'assistance habituellement bruyante du Paléo a saisi l'ampleur de l'évènement, elle a coupé les décibels inutiles et les discussions sans lendemain et s'est mise à écouter la voix soyeuse et puissante de l'artiste ténébreux. Une grande ferveur, donc, dans ce court voyage à travers une carrière ponctuée par des tournants stylistiques de taille, par un questionnement constant et par une exigence demeurée toujours intacte.

 

Baigné par la pénombre, sobre comme un tenancier de cabaret allemand, Bashung enchaîne avec les perles de Bleu pétrole, son dernier album. Il parle peu, remercie poliment en esquissant des sourires. Dans le regard qu'on devine derrière les verres, il y a des tonnes de pudeur et un amour démesuré pour la foule agglutinée à ses pieds. Le corps ne bouge presque pas; pour lui, parlent des doigts qui pointent vers le haut, qui s'étirent ou se serrent en poing. Ils révèlent une tension maîtrisée, ils dévoilent une âme entièrement tournée vers ses dernières créations: «Comme un Lego», «Je t'ai manqué», «Venus», «Je tuerai la pianiste» ou «Sur un trapèze» défilent, fluides et denses, magnifiées par des musiciens au tact infini.

 

La moitié de son concert fait donc étape dans le présent. Ce premier relais dans le paysage du dernier monstre sacré de la chanson hexagonale décline la volonté de l'artiste de conférer une simplicité nouvelle à sa musique et à ses textes. Ce Bashung est celui de l'intelligibilité et de l'éloquence. C'est le poète qui a abandonné sa propension à l'hermétisme et qui veut parler à nouveau au plus grand nombre.

 

Plus tard dans la soirée, on retrouvera l'autre Baschung, le faiseur de tubes, l'artiste fédérateur d'antan. Ces pages de carrière, l'intéressé les lit aujourd'hui avec un sens sévère du jugement, qui prend par instant des allures cyniques. Le bilan a de quoi faire rire jaune: «Ceci est un accord en mi. On peut faire une longue carrière avec un accord en mi», ironise l'artiste avant de lancer «Vertige de l'amour», succès immense qui ne tient que sur l'accord dénoncé. Cette brève parenthèse rappellera aux inconditionnels de toujours, les heures rock de Bashung, le Perfecto qui serrait son torse dans les années 80, ou ses altérités, arborées sans scrupule sur les scènes de la francophonie. Une époque faite de concerts bancals et des moments de rage qui s'achevaient avec de la casse.

 

A 60 ans, le corps affaibli du poète s'est éloigné un peu plus de ces tons démonstratifs, il se contente désormais de suggérer avec finesse et discrétion des états d'âme. Après «Osez Josephine», introduit par quelques mesures de «Blowin'In the Wind» de Dylan («Beaucoup de guitaristes ont commencé par là», justifie Bashung), les grandes pièces maîtresses qui ont marqué la rupture avec une certaine rock attitude défilent et coupent le souffle. De «Madame rêve», bluffant de sobriété et de mystère, à l'éthéré «A perte de vue», de «La nuit je mens» à «Malaxe».

 

Puis, les adieux à la scène de Paléo, les remerciements aux techniciens et aux artistes de cette tournée. Et des baisers émus envoyés au public. L'ovation a été longue et personne n'a eu envie de se quitter. Le rêve Bashung pouvait commencer.

 

 

 

 

 © Le Temps, 2008.

 

2 sites amateurs superbes sur l'artiste   BASHUNG

                                                          BASHUNG selon moi



13/07/2008
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